vendredi 25 avril 2014

La vie en rose

En septembre, Raph aura un petit frère on une petite sœur. Le verdict du sexe de bébé devait tomber mardi dernier, mais il s’est avéré peu concluant. Même si le médecin croit avoir vu une fille, il n’a pas voulu se prononcer à 100% : « On sera plus sûr à la prochaine écho ». Argh… dans 12 semaines, c’est trop long !

Tout le monde à la maison a sa propre opinion : papa est convaincu que c’est une fille, maman est toujours ambivalente. De son côté, Raph continue de rêver à un petit frère et jure que si c’est une fille, il va l’aimer quand même.

C’est sûr fiston que tu vas l’aimer. Peut-être même plus que tu ne peux l’imaginer. Parce qu’une petite sœur, c’est fait pour être protégée. Tu te sentiras comme un super-héros lorsqu’elle te demandera de sauver sa poupée des griffes du malin petit voisin. Puis, le jour où les garçons commenceront à se faire trop insistants, tu seras celui qui refroidira leurs ardeurs. En tout cas, on compte sur toi.

Une petite sœur, c’est aussi fait pour être cajolée. Il y a fort à parier que tu adoreras glisser tes mains dans ses doux cheveux et pincer ses belles grosses pommettes roses en guise d’affection.

Une petite sœur, c’est aussi fait pour admirer les hommes de la maison. Je prédis qu’elle sera complètement gaga de son papa et qu’elle criera plus fort que les autres dans l’aréna lorsque tu partiras en échappé devant le filet de l’adversaire.

Et voilà que je suis déjà un peu jalouse à l’idée de perdre ma place de seule représentante féminine de la maisonnée. J’espère que tu continueras quand même à me tripoter le mou du bras en me disant affectueusement : « Ce que j’aime le plus de toi maman, c’est que tu 
« shakes ».

Une petite sœur, c’est aussi fait pour adoucir la rudesse des mâles. Pas question d’y donner des « bines » ou de lui faire la fameuse prise de l’homme crêpe. Compris les gars? Vous pourrez garder ça pour vous et en profiter pour diminuer la fréquence de vos scéances de défoulement. C’est une excellente nouvelle pour moi qui vois mon niveau de stress monter d’un cran chaque fois que ça vous prend. Des vrais enragés !

Mais, prépare toi Raph, car une petite sœur, ça peut aussi être détestable. Lorsque tu ramèneras une petite copine à la maison, il se peut bien qu’elle te regarde d’un air moqueur, en battant des cils et en lâchant des « wouuu ». Ça t’énervera au plus haut point. Et, imagine si elle tombe en amour avec ton meilleur ami : elle sera une vrai plaie. Toi et lui ne pourrez pas mater les filles sur internet sans qu’elle ne frappe à la porte à tout bout de champ pour un oui ou pour un non.

Toutefois, cela sera un moindre mal, car tu verras la vie en rose lorsque ta petite sœur, sans la pudeur habituelle d’un petit frère, te serrera très fort contre son cœur et te dira : « Je t’aime mon grand frère ».



vendredi 11 avril 2014

Raphy

Il y a des paroles qui ont plus de poids que d’autres. Des paroles émouvantes et  d’autres, malgré toute la désinvolture charmante avec laquelle elles sont prononcées, affolantes. En début de semaine, Raph a brillé dans la deuxième option. Déchirés nous étions, mon amoureux et moi, entre un sentiment de “Onnn, c’est donc ben cute” et de “T’es-tu MA-LA-DE!?”. 

Ça s’est passé à l’heure du dodo. L’heure des câlins et des mots doux. En m’enlaçant tendrement, il m’a tout bonnement demandé à quel âge il quitterait la maison. J’ai ri, lui confiant qu’il était beaucoup trop tôt pour penser à ça. Et, comme ça, spontanément, il a lancé un chiffre dans l’univers. Ce chiffre s’est avéré être le 42. 42 ANS? J’ai rétorqué:

“Ben voyons donc Raph?
- Mais maman, je veux rester avec vous très longtemps.”

Bon, ok, on prend une grande respiration et on relativise. La bonne nouvelle là-dedans, c’est que Raph doit vraiment se sentir bien à la maison pour vouloir rivaliser avec Tanguy. La moins bonne, c’est qu’on ne veut pas ça. Mais vraiment pas!  Ni pour lui, ni pour nous. Imaginez la gueule de ses conquêtes:

“Alors, on va chez toi ou chez moi?
- Ben, on peut aller chez mes parents.
- …”  


Et, je me vois tellement mal croiser cette dite conquête au sortir de ma chambre avec mes dents dans les mains. JAMAIS de la vie!

De toute manière, mon Tanguy en devenir à bien le temps de changer d’idée. D’ailleurs, je suis convaincue que l’envie de quitter le nid familial lui prendra plus vite que je n’ose l’espérer. Mon petit doigt me dit même que dans 2-3 ans, en pleine crise d’adolescence, il nous trouvera nuls mon amoureux et moi. À ses yeux, on sera les êtres humains les plus affreux de la terre. Ceux qui représentent l’autorité, les empêcheurs de liberté, les emmerdeurs, les casse-pieds, les plaies…

Alors, dans un élan de nostalgie mélancolique, je me rappellerai ce doux moment où Raphy rêvait encore, candide et vulnérable, de couler plusieurs années heureuses dans la maison familiale.

mercredi 12 mars 2014

Histoires de vie

En ce moment, à la maison, nous sommes portés par la vie. Elle est partout autour de nous et en nous. Nous sommes trois. Dans quelques mois, nous serons quatre. Et, si on y regarde de plus près, nous sommes cinq. J’étais en train d’oublier nos deux félines, malgré que bientôt, l’une d’elles nous quittera. Il faut se rendre à l’évidence, Whippet s’endort assise partout, toute recroquevillée, comme si elle avait oublié que la position horizontale était idéale pour dormir. Mais même si notre vieille chatte trépasse sous peu, la vie animale se renouvellera à la maison. Nous accueillerons un bébé chien, né la semaine dernière. Bosko est attendu pour le mois de mai. Un tout petit berger allemand qui ne restera pas tout petit bien longtemps. Que de plaisirs en perspective!

Porter la vie en soi occassionne souvent certains désagréments. Le mien? Le mal de tête. Ce n’est vraiment pas drôle, mais ce qui l’est par contre, c’est Raph qui a refusé de me faire un câlin sous prétexte qu’il ne voulait pas attrapper ma maladie: “Ben voyons mon coco, le mal de tête ce n’est pas contagieux!”. À voir son enthousiasme quand je lui ai dit ça, c’est à croire qu’il pensait qu'on pouvait en mourir du mal de tête! Au bout du compte, maman et fiston sont contents: Raph peut faire des câlins à maman quand elle a mal à la tête, ce qui a pour effet de lui faire oublier la douleur. La vie est bien faite!

Les discussions sur la vie et la mort provoquent parfois des moments cocasses: 

- Maman, c’est qui le monsieur dans le vidéo?
- C’est Gerry Boulet
- C’est vieux?
- Pas tant, ça date des années 80. Pour toi ça peut paraître vieux.
- Il est mort? 
- Oui, il était atteint d’un cancer.

On se laisse bercer par la musique.

- Mais maman, le monsieur n’est pas mort, c’est écrit Toujours vivant!

Ha, ha, ha!

Voilà ce qui est beau de la vie. Ces petits moments tout beaux, tout simples. Ceux-là même qui nourrissent notre quotidien et sans lesquels la routine deviendrait mortelle. C’est ça la vie, la belle vie!